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Environnement

Vers une réduction de l'utilisation des pesticides

Depuis le 1er janvier 2017, l'utilisation des pesticides dans les collectivités est fortement limitée.
Une évolution de la réglementation qui, dans notre commune, a été anticipée.
Sophie Meresse, conseillère municipale en charge de l'embellissement et de l'aménagement urbain et Thierry Bricon, chef d'équipe des espaces verts des services techniques de la commune répondent à nos questions concernant cette évolution importante.

Que dit la loi ?
Fongicides, insecticides, herbicides traditionnels ne peuvent plus être utilisés par les services municipaux depuis le 1er janvier 2017
La loi prévoit dans un 1er temps l'interdiction de l'utilisation des pesticides (produits phytosanitaires de synthèse) dans les espaces publics dès le 1er janvier 2017 (au lieu de 2020, comme initialement prévu) : Etat, collectivités locales et établissements publics ne peuvent plus employer de produits phytosanitaires sur les voieies, dans les espaces verts, les forêts et les promenades ouvertes au public. Cette mesure s'inscrit dans le respect des décisions prises au niveau du Grenelle Environnement relatives à la restauration de la biodiversité et fait suite au plan Ecophyto 2018 lancé en 2008 pour diminuer de 50% en 10 ans le recours aux produits phytosanitaires tout en assurant un niveau de production élevé.

Si les herbicides traditionnels ne peuvent plus être utilisés, comment va être traité le désherbage de l'espace public à Donzère ?
Il faut préciser que quelques produits non nocifs ni toxiques pour la santé et l'environnement restent autorisés. Ce sont les produits de biocontrôle homologués. Malheureusement, ils sont très onéreux et beaucoup moins efficaces. Par ailleurs, la loi prévoit deux exceptions à l'utilisation de l'herbicide chimique : les cimetières et les terrains de sport.
A Donzère, nous avons choisi d'adapter et de développer nos méthodes actuelles : désherbage du cimetière et des terrains de sports avec des produits autorisés et arrachage mécanique ou manuel ailleurs.

Qu'est-ce que cela va changer au niveau paysager ?
2017 sera une année test. Une entreprise sera chargée de traiter le cimetière et les terrains de sport avec les produits autorisés. Pour le reste du domaine public, l'arrachage mécanique ou manuel sera effectué par les équipes municipales afin de ne pas accroître les dépenses de la commune. L'ensemble du domaine public sera désherbé mais les équipes ne pourront intervenir en même temps partout. Le nombre de mètres carrés à sésherber par leurs soins sera en effet quatre fois plus important qu'en 2016. Il est donc vraisemblable que les quartiers n'auront plus le même aspect qu'auparavant. Ils seront désherbés les uns après les autres, il conviendra donc que chacun patiente un peu en attendant la venue des équipes dans son quartier.
Par ailleurs, depuis plusieurs années, la conception des aménagements paysagers a évolué. Le paillage est privilégié, ainsi que les plantes couvre-sols ; cela évite la prolifération de "mauvaises herbes". Le choix d'espèces résistantes et la diversité d'essences végétales limitent les maladies. Nous allons poursuivre dans cette voie, en accentuant nos efforts. C'est l'image même des espaces verts en ville qui va être modifiée. Un changement dans nos mentalités doit se faire pour accepter la présence d'une biodiversité ordinaire au pied des arbres et des trottoirs sans l'associer à une perception négative de "mauvaises herbes", et apprécier les plantes spontanées comme un élément de la nature.